Bernard Werber

Un article de Labyrinthe, l'encyclopéde libre.

Auteur (?) français de science-fiction (?). Également scénariste de BDs de daube (Exit). Il a aussi été interviewer pour Epok, le magazine de la Fnac.

Bon j'aurais bien détaillé moi-même mais je ne résiste pas au plaisir de vous livrer cette critique de L'empire des anges glanée dans les archives de fr.rec.arts.sf (news:fr.rec.arts.sf) et qui résume assez bien ma pensée. Je ne retrouve plus la source sur la toile. Si quelqu'un sait d'où ça vient, je suis preneur.

L'empire des anges, Bernard Werber.

C'est un truc à peu près rectangulaire quand c'est bien coupé. Une partie est composée d'un cartonnage léger, le reste de feuillets imprimés reliés par le dos à ce cartonnage. Le tout, paraît-il, forme un livre. Et même que ça se trouve dans des magasins qu'on appelle « librairies ». Fort, hein ? Ce que l'on peut voir extérieurement en prenant l'objet se résume à deux faces, l'une est la couverture proprement dite, l'autre est le quatrième de couverture (et lire ce quatrième de couv remplace aisément la lecture du reste, à savoir les trois cent feuillets internes). Ya la tranche dorsale aussi, mais on s'en fout, vu que c'est simplement marqué « Bernard Werber/L'empire des anges » en gros caractères pisseux (enfin je crois, j'ai pas bien regardé en fait). Sur la couverture, on peut observer un dessin d'une mièvrerie à couper les souffle : deux anges, à l'allure enfantine, sortis peut-être d'un tableau de Michel Ange (sic), dotés d'un arc — à vérifier par ceux qui auraient l'objet —, ailes aux plumes blanches collées derrière le dos à la va-vite. Tout ça est très classique. S'il n'y avait que ce dessin, passerait encore, surtout dans un autre contexte qu'un contexte éditorial, parce que, merde, il y a suffisamment d'artistes originaux dans le monde, voire même en France, qui savent dessiner autre chose que ce qui a déjà été fait mille fois au fil des siècles. Crise de l'art ? Crise de l'image et crise du texte ? On ne se prononcera pas, car on n'est pas suffisamment qualifiés pour le faire. On peut seulement penser que l'éditeur, voyant la bouse qu'il devait — la notion d'obligation étant importante ici — publier n'a pas voulu se fouler à trouver un illustrateur digne de ce nom, original qu'il aurait dû payer. Alors quoi de mieux que de choper dans un catalogue une image libre de droits. Maximum de bénéfices, pas de surcoût indispensable, on emballe l'objet comme un reste de repas dans du papier alu et hop !, démerdez-vous avec ça. Au final, oui, c'est une édition au Livre De Poche (on met des majuscules parce que c'est l'éditeur et pas l'objet générique mais on comprend désormais pourquoi cette collection est devenue un terme générique : un bouquin qu'on fourre un peu n'importe où et pas que dans la poche, qui nous suit aux chiottes, dans le bus, dans la rue, au Macdo, en cours, qui sert de cale à une table bancale etc., et qui finit dans un état tel qu'on vous le revend 0,30 centimes d'Euro — vivons avec notre temps — à la brocante du quartier). Super invention le livre de poche, ceci étant dit ici sans une seule once d'ironie. Super invention pour ceux qui ont pas les moyens de s'acheter les grand formats et les nouveautés. Super invention pour ceux qui lisent simplement à l'occasion et toujours les mêmes auteurs (faut pas déconner non plus). Comme Werber. parce que Werber c'est de la méga géniale SF, ou du cool-super-intello Fantastique mystique etc. C'est de la Philo. C'est de la Socio. C'est c'est... c'est ridicule, mais c'est la clef de son succès. Il vous assène des mots pompés ailleurs, des idées bateau, de la poésie à un centime d'euro, des anges parce que c'est la mode etc., tout cela enrobé dans une écriture à la syntaxe vraiment approximative. Mais tout le monde s'en balance royalement, la littérature, même la bonne littérature populaire, on peut se la foutre au cul, ça n'existe plus depuis longtemps. On vend du cliché. On vend de la merde car, apparemment, on aime en bouffer. Dans tous les domaines.

Résumons : nous avons avec l'empire des anges, un produit édité au format livre de poche, pages recyclées (ça va faire plaisir aux défenseurs de la forêt amazonienne), doté d'une couvrante au manque d'originalité flagrant (en fait, j'ai vérifié, c'est un détail d'une toile de Raphaël), d'une maquette hideuse, et ce produit à été fait par un auteur euh... « spécial » (suffit de voir ou lire une interview, ou de voir sa tête tout simplement). C'est à dire un produit d'environ trois cent mille signes qui noircissent les pages recyclées sus-citées, mais même recyclées ces pages méritaient certainement mieux. Mais ça se vend. Alors on n'a rien à dire. Sauf que les gens aiment de plus en plus se faire du mal, ou préfèrent se cantonner à la facilité, parce que dans notre société on a plus besoin de réfléchir pour améliorer les choses. Donc on a plus besoin de lire des livres intelligents où l'on trouve de vraies idées, et un vrai talent littéraire. Ces livres existent pourtant, mais ne se vendent pas. Tout le monde s'en fout. Moi aussi. Mais je m'en fous aussi de Werber et de son Empire des Anges (notez le titre pompeux au possible), parce que je ne l'ai pas lu. Oh, j'en ai bien un exemplaire de ce livre, acheté 0,30 centimes d'euros à la brocante de mon quartier : il sert de cale à mon bureau un peu bancal. Belle invention, le livre de poche.



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