Au théâtre ce soir

Un article de Labyrinthe, l'encyclopéde libre.

Aurélie ou les gens qui jugent

Acte XI, scène huit (final)
La scène se passe dans une pièce vide. Au milieu se trouve une chaise. Julien entre par la gauche et se dirige vers elle. Une lumière provenant du haut semble éclairer la pièce.

JULIEN : Je m'appelle Julien... (apercevant la chaise) Tiens ! Une chaise.

La lumière prend la forme d'un esprit.

ESPRIT : Oui ?

JULIEN (à haute voix) : Est-ce toi ?

ESPRIT : Oui.

JULIEN (s'asseyant sur la chaise) : Pourquoi...?

ESPRIT : Oui ?

JULIEN (se levant doucement) : Esprit ?

ESPRIT : Oui !

JULIEN (se rasseyant prestement sur la chaise) : Esprit... Tu es là, et pourtant je ne te vois pas. Tu me parles, et pourtant je ne t'entends pas (il se lève). Tu écoutes, et pourtant je ne parle pas (il se rassied). Tu me touches, et pourtant je n'ai pas de peau (il se lève).

ESPRIT : Oui.

Julien se sent fatigué et se rassied. Puis il se saisit d'un verre qui apparaît comme par magie sur sa gauche et le vide. Il se lève à nouveau et sautille sur place.

JULIEN : Suis-je ?

ESPRIT : Oui.

JULIEN : Mais... où ?

ESPRIT : Ici.

JULIEN : Pourquoi-je ?

ESPRIT (entamant un long monologue) : Tel est le destin des hommes mon fils, tel un soleil sans chaleur, tel un avenir sans futur, tel un passé sans souvenir, elle s'est calmée Nathalie !

JULIEN (se prenant à espérer) : Ainsi tout n'est pas perdu... J'aurais du m'en douter.

ESPRIT : Oui.

La chaise est aspirée par un courant d'air qui provient du plafond. Le sol s'ouvre et deux-cents guerriers en armure en surgissent. Une musique céleste s'élève alors, semblant venir de nulle-part. Le rideau tombe sur la place vide.

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